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GéométrieReprésentation graphique · Glossaire

frise géométrique

Une frise géométrique est une bande de plan de forme rectangulaire sur laquelle un motif de base est reproduit par des isométries — translations, réflexions, demi-tours et compositions de ces transformations — de sorte que l'ensemble des isométries laissant la frise invariante contient nécessairement au moins une translation dans la direction des bords de la bande. Une frise est ainsi un motif périodique dans une bande du plan, et non nécessairement un pavage de tout le plan. On rencontre des frises en architecture, en décoration et en cristallographie. Sur le plan formel, dans le cadre usuel des frises non dégénérées, le groupe de symétries d'une frise est un sous-groupe discret des isométries affines du plan ; l'ensemble de ses translations forme alors un sous-groupe engendré par une translation fondamentale et isomorphe au groupe ℤ des entiers relatifs. Sous ces hypothèses, il existe, à un isomorphisme près, exactement sept groupes de frise distincts, classifiant l'ensemble des types de symétries possibles pour de telles bandes.
Période d'une frise de triangles isocèles Trois triangles rouges identiques sont espacés de quatre centimètres dans une bande haute de trois centimètres. motif de base translation : 4 cm 3 cm
La translation horizontale de 4 cm superpose chaque triangle au suivant sans changer son orientation.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Reconnaître la répétition par translation qui définit une frise géométrique.
  • Mesurer une période fondamentale sur un motif concret.
  • Distinguer une frise d'un pavage bidimensionnel et d'une simple suite décorative.
  • Relier les symétries observées aux sept groupes de frise.

En clair

Imaginez une bordure décorée qui longe un mur. Un même dessin y revient à intervalles réguliers, comme si on le faisait glisser toujours de la même distance. Cette répétition dans une seule direction forme une frise géométrique.
Le dessin peut aussi alterner avec son reflet ou avec une version tournée d'un demi-tour. La condition décisive reste la présence d'un déplacement parallèle aux bords qui superpose toute la bande à elle-même.

Définition

Une frise géométrique est un motif inscrit dans une bande rectangulaire et périodique dans la direction de ses bords. Toute distance positive d'une translation parallèle à ces bords qui laisse l'ensemble inchangé est une période de la frise. Dans le cadre usuel où le groupe de symétries est discret, ces périodes positives admettent une plus petite valeur : la période fondamentale.
Dans l'exemple conducteur, la bande mesure 3 cm de haut et le triangle de base est répété tous les 4 cm. La transformation qui envoie le point de coordonnées x et y sur le point décalé de 4 cm horizontalement s'écrit T(x,y)=(x+4,y)T(x,y)=(x+4,y). Ses répétitions vers la droite et vers la gauche correspondent aux décalages de 4n cm, où n est un entier relatif. Elles forment donc une copie du groupe ℤ.
D'autres frises combinent ces translations avec des réflexions, des demi-tours ou des réflexions glissées. Toutes les isométries qui conservent une frise composent son groupe de symétries. Dans la classification usuelle, on considère des frises non dégénérées dont le groupe de symétries est discret : son sous-groupe de translations est alors engendré par une translation fondamentale et isomorphe à ℤ. Sous ces hypothèses, il existe exactement sept types de groupes de frise, qui épuisent les combinaisons possibles. Les frises apparaissent notamment en architecture, en décoration et en cristallographie ; elles appartiennent au cadre général des pavages, avec une périodicité imposée dans une seule direction.

Où on le rencontre

Sur une façade, un carrelage ou une bordure imprimée, cherchez d'abord une bande longue et étroite. Un élément reconnaissable revient régulièrement, les copies restent alignées, leur espacement est constant et la répétition se poursuit parallèlement aux deux bords. Certaines copies peuvent être retournées ou reflétées sans rompre ce rythme.
Ce support porte deux informations : le motif choisi et les transformations qui organisent ses copies. En architecture et en décoration, elles structurent un ornement. En cristallographie, le même langage de symétries sert à classer des organisations périodiques en bande.

Le mode d'emploi

La grandeur principale à lire est la période de translation, mesurée parallèlement aux bords de la bande. Elle indique le plus petit décalage positif qui superpose toute la frise à elle-même.
1. Choisissez un détail dissymétrique du motif, par exemple la pointe supérieure du triangle. 2. Retrouvez la copie suivante qui possède la même orientation. 3. Mesurez le déplacement parallèle aux bords, puis vérifiez que ce même déplacement convient à tous les autres détails.
L'œil peut prendre pour période la distance entre deux formes voisines alors que la seconde est réfléchie. Le bon réflexe consiste à contrôler l'orientation et la superposition de l'ensemble. Dans l'exemple, seule une translation horizontale de 4 cm, et non un décalage plus court, replace chaque triangle sur une copie identique.

Un exemple, pas à pas

Une bande de 3 cm de haut porte un triangle isocèle dont les copies gardent toutes la même orientation. On veut déterminer la période et prévoir la position d'une copie éloignée.
Données. Dans un repère gradué en centimètres, le triangle de base a pour sommets A(0,6 ; 1), B(2,8 ; 0,7) et C(1,5 ; 2,5). La frise est formée exactement de ses copies obtenues par les translations de vecteurs (4n ; 0), où n est un entier relatif. La copie suivante a pour sommets A′(4,6 ; 1), B′(6,8 ; 0,7) et C′(5,5 ; 2,5).
1. Le déplacement de A vers A′ vaut 4 cm horizontalement et 0 cm verticalement. Les déplacements de B vers B′ et de C vers C′ donnent les mêmes valeurs.
2. La translation de vecteur (4 ; 0) superpose donc chaque triangle au suivant. Comme les triangles sont des composantes disjointes du motif et que leurs sommets les plus à gauche ont pour abscisses 0,6 + 4n, toute translation horizontale qui conserve la frise doit décaler ces sommets d'un multiple de 4 cm. La plus petite translation positive mesure donc 4 cm : c'est la période fondamentale.
3. Après trois périodes, chaque abscisse augmente de 3 × 4 = 12 cm. Le sommet A arrive ainsi au point de coordonnées (12,6 ; 1).
Le résultat est un déplacement horizontal de 12 cm. Pour le contrôler, soustrayez l'abscisse initiale 0,6 à l'abscisse finale 12,6 : on retrouve 12 cm, soit trois fois la période de 4 cm.

En pratique

En décoration, une frise convient à une bordure lorsque le motif doit se prolonger dans une seule direction. Si la surface entière doit être couverte dans deux directions, on choisit plutôt un pavage bidimensionnel.
Pour reproduire un dessin, on reporte d'abord sa période le long d'une ligne parallèle au bord. À chaque repère, on applique la même transformation au motif, au lieu de redessiner chaque copie à l'œil.
Pour classer une frise, on teste ensuite les symétries visibles : axe de réflexion, demi-tour ou réflexion glissée. La combinaison observée permet de rattacher la bande à l'un des sept groupes de frise.

À ne pas confondre

Une frise chronologique. Elle place des événements le long d'un axe temporel ; son critère est l'ordre des dates. Une suite d'années sans motif périodique n'est pas une frise géométrique.
Un pavage bidimensionnel. Il couvre le plan ; lorsqu'il est périodique dans deux directions indépendantes, il possède des translations selon ces deux directions, mais certains pavages sont apériodiques. Une bordure qui ne se répète que parallèlement à ses bords relève des groupes de frise.
Une simple suite de motifs. La ressemblance visuelle ne suffit pas : il faut une translation qui conserve toute la bande. Des espacements différents entre motifs voisins sont possibles s'ils se répètent dans une cellule complète ; c'est une suite non périodique d'espacements qui n'est pas une frise géométrique au sens mathématique.

Limites et pièges

Motif trop symétrique. Un carré ou un disque peut masquer la transformation réellement utilisée, car plusieurs orientations se superposent. Il faut suivre un détail dissymétrique ou marquer un point du motif avant de tester les symétries.
Période non minimale. Un déplacement de 8 cm conserve aussi une frise de période 4 cm, mais il ne donne pas sa période fondamentale. Il faut chercher le plus petit décalage strictement positif qui superpose l'ensemble.
Fragment trop court. Deux motifs semblables dans une photo ne prouvent pas une répétition indéfinie. Le symptôme est l'absence d'une troisième copie permettant de confirmer l'espacement et l'orientation ; il faut prolonger l'observation ou rester prudent sur la classification.
Réflexion glissée. Une copie réfléchie puis décalée peut sembler obtenue par une simple translation. Il faut comparer un détail orienté : s'il change de côté avant de retrouver sa position, la transformation combine bien réflexion et translation.

Pour aller plus loin

Le glossaire groupe de frise détaille la structure qui rassemble toutes les symétries compatibles avec une même bande.
L'entrée translation précise le déplacement qui engendre la répétition obligatoire d'une frise géométrique.
L'article Matrices carrées et transformations du plan ouvre sur une représentation algébrique de transformations géométriques plus générales.
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