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GéométrieObjet géométrique · Glossaire

polyèdre dual

Deux polyèdres sont duaux s’il existe des correspondances bijectives entre leurs sommets et leurs faces, et entre leurs arêtes, qui inversent toutes les incidences : un sommet appartient à une arête si et seulement si la face correspondante est bordée par l’arête correspondante ; une face est bordée par une arête si et seulement si le sommet correspondant est une extrémité de l’arête correspondante ; un sommet appartient à une face si et seulement si la face et le sommet correspondants sont incidents. Dans le dual, sommets et faces échangent ainsi leurs rôles, tandis que les arêtes correspondent une à une, ce qui permet de lire autrement la structure du solide.
Le dual octaédrique d'un cube Les six centres de faces d'un cube sont reliés par douze arêtes rouges et forment un octaèdre. Cube Dual : octaèdre 6 sommets · 12 arêtes · 8 faces
Les 6 centres de faces du cube deviennent les sommets de l'octaèdre ; 12 liaisons rouges matérialisent les arêtes du dual.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Suivre l'échange exact entre sommets, faces et arêtes.
  • Construire le dual d'un cube à partir des centres de ses faces.
  • Contrôler les nombres de sommets, d'arêtes et de faces du dual.
  • Reconnaître les couples duaux parmi les polyèdres de Platon.
  • Distinguer la structure combinatoire de sa réalisation géométrique.

En clair

Prenez un cube et marquez le centre de chacune de ses six faces. Reliez deux marques chaque fois que les faces correspondantes partagent une arête. Les six marques et leurs liaisons dessinent un octaèdre : le cube a ainsi été transformé en son dual.
Le geste échange les rôles. Une face devient un sommet, un sommet devient une face, tandis qu'une arête garde le rôle de liaison entre les deux côtés correspondants.

Définition

Deux polyèdres sont duaux lorsque leurs sommets et leurs faces se correspondent un à un, ainsi que leurs arêtes, en inversant toutes les incidences. Un sommet incident à une arête correspond à une face bordée par l'arête associée ; une face incidente à une arête correspond à un sommet situé à l'extrémité de l'arête associée ; enfin, un sommet situé sur une face correspond à une face contenant le sommet associé. La correspondance fonctionne symétriquement dans l'autre sens.
Pour un polyèdre noté P, on note P* un dual. Les lettres V, E et F désignent respectivement les nombres de sommets, d'arêtes et de faces. L'échange impose les trois relations suivantes :
V(P)=F(P),E(P)=E(P),F(P)=V(P)V(P^*)=F(P),\quad E(P^*)=E(P),\quad F(P^*)=V(P)
Relier les centres de faces adjacentes rend cette dualité visible. Cette construction reproduit directement les couples classiques : le tétraèdre est autodual, le cube et l'octaèdre s'échangent, tout comme l'icosaèdre et le dodécaèdre. Les polyèdres de Catalan sont, plus généralement, les duaux des polyèdres d'Archimède.

De quoi c'est fait

La dualité met en relation quatre éléments. Les sommets du polyèdre initial fournissent les faces du dual. Ses faces fournissent les sommets du dual. Pour un polyèdre-manifold usuel, en particulier convexe, chaque arête relie deux sommets et sépare deux faces ; elle correspond donc à une arête du dual. Enfin, l'incidence indique quels sommets, arêtes et faces se touchent.
Ces dépendances commandent toute la structure : le nombre de côtés d'une face du dual est le nombre d'arêtes qui arrivent au sommet initial correspondant. Réciproquement, le nombre d'arêtes autour d'un sommet du dual est le nombre de côtés de la face initiale. La couleur, l'échelle ou l'orientation du dessin ne définissent pas la dualité ; c'est la correspondance des contacts qui la définit.

Un exemple, pas à pas

Partons d'un cube possédant 8 sommets, 12 arêtes et 6 faces carrées. La figure montre le cube en noir et le polyèdre formé par les centres de ses faces en rouge.
1. Placez un point au centre de chacune des 6 faces du cube. Ces points seront les 6 sommets du dual.
2. Reliez deux points lorsque leurs faces du cube partagent une arête. Les 12 arêtes du cube donnent exactement 12 liaisons.
3. Observez un sommet du cube : trois faces carrées s'y rencontrent. Leurs trois centres reliés bordent donc une face triangulaire du dual.
4. Répétez l'observation aux 8 sommets du cube. Le dual possède ainsi 8 faces triangulaires.
Le solide obtenu a 6 sommets, 12 arêtes et 8 faces : c'est un octaèdre. Le contrôle se refait dans l'autre sens, puisque les 8 faces de l'octaèdre redonnent les 8 sommets du cube et ses 6 sommets redonnent les 6 faces du cube.

En pratique

Sur une maquette, marquez un point par face et reliez seulement les points de faces qui partagent une arête. Ce geste fait apparaître le graphe du dual sans avoir à reconstruire d'abord toutes ses faces.
Pour contrôler un dual annoncé, comparez les trois comptages : les sommets et les faces doivent s'échanger, tandis que le nombre d'arêtes doit rester le même. Si un seul de ces tests échoue, la correspondance proposée n'est pas une dualité.
Pour reconnaître un couple parmi les solides de Platon, examinez les faces et le nombre d'arêtes arrivant à chaque sommet. Des faces carrées rencontrées trois par trois conduisent aux faces triangulaires d'un octaèdre ; le tétraèdre, lui, conserve son type.

À ne pas confondre

Dual et polyèdre identique. Être duaux signifie que sommets, faces et adjacences se correspondent ; cela ne signifie pas que deux solides occupent la même place ni ont la même apparence. Le cube et l'octaèdre tranchent nettement : ils sont duaux, mais leurs faces n'ont pas la même forme.
Polyèdre autodual et symétrie. Un polyèdre autodual a le même type combinatoire que son dual. Le critère porte sur la correspondance sommets-faces, pas sur un retournement ou un plan de symétrie. Le tétraèdre en est l'exemple classique.
Polyèdre dual et polyèdre de Catalan. Tout polyèdre de Catalan est le dual d'un polyèdre d'Archimède, mais « polyèdre dual » est une notion plus large. L'octaèdre, dual du cube, suffit à montrer que les deux expressions ne sont pas synonymes.

Limites et pièges

Compter ne suffit pas. Deux polyèdres peuvent avoir des nombres de sommets, d'arêtes et de faces compatibles sans que leurs incidences se correspondent. Le symptôme est une liaison impossible à apparier ; il faut alors vérifier chaque adjacence, pas seulement les trois totaux.
Les centres donnent d'abord la structure. Relier les centres de faces adjacentes indique correctement quelles arêtes doivent exister. Pour un polyèdre quelconque, ce tracé ne garantit pas à lui seul que chaque contour obtenu soit une face plane. Il faut distinguer le dual combinatoire de sa réalisation géométrique.
Une arête reste une arête. La dualité n'échange pas les arêtes avec une troisième sorte d'élément. Dans un polyèdre-manifold usuel, une arête initiale sépare deux faces ; l'arête duale joint les deux sommets correspondants. Une différence entre les deux nombres d'arêtes signale donc immédiatement une erreur.

Pour aller plus loin

Le glossaire de l'octaèdre prolonge l'exemple conducteur en détaillant le solide dual du cube.
Le glossaire du tétraèdre permet d'examiner le cas classique d'un polyèdre autodual.
Le glossaire du dodécaèdre présente l'un des deux solides du couple dual dodécaèdre-icosaèdre.
Le glossaire de l'icosaèdre complète ce couple en donnant le solide dont les faces correspondent aux sommets du dodécaèdre.
Le glossaire du polyèdre de Catalan ouvre la dualité aux polyèdres d'Archimède mentionnés dans la définition.
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