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AnalyseNotion · Glossaire

Heine Eduard

Heinrich Eduard Heine est un mathématicien allemand dont les travaux ont contribué à distinguer la continuité simple de la continuité uniforme. Le théorème de Heine-Cantor affirme que toute application continue d’un espace métrique compact vers un espace métrique quelconque est uniformément continue. Sur un intervalle fermé et borné, il garantit donc qu’une même précision sur les entrées suffit partout pour contrôler celle des sorties.
Deux écarts sur la courbe de la fonction carrée La courbe de t au carré porte les points d’abscisses 0,50 et 0,54. Leur écart horizontal vaut 0,04 et leur écart vertical vaut 0,0416. f(t) = t² t = 0,50 t = 0,54 écarts : 0,04 / 0,0416
Entre 0,50 et 0,54, l’écart horizontal de 0,04 produit un écart vertical de 0,0416 sur la courbe t².
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Eduard Heine sans le confondre avec le poète Heinrich Heine.
  • Relier son parcours à sa contribution majeure sur la continuité uniforme.
  • Appliquer le théorème de Heine-Cantor sur un intervalle fermé et borné.
  • Reconnaître les hypothèses qui interdisent d’utiliser le théorème.

En clair

Installé à l’université de Halle à partir de 1848, Eduard Heine établit en 1872 un résultat devenu central pour l’analyse. Imaginez que l’on rapproche deux entrées d’une fonction. La continuité ordinaire autorise à ajuster la précision autour de chaque point. La continuité uniforme exige une même marge de rapprochement partout dans le domaine.
Heine montre que, sur un intervalle fermé et borné, toute fonction continue possède automatiquement cette régularité globale. Le résultat relie ainsi une propriété locale, la continuité, à une garantie valable sur tout l’intervalle.

Définition

Heinrich Eduard Heine (1821–1881) est un mathématicien allemand. Il étudie à Göttingen et à Berlin, suit notamment les cours de Carl Friedrich Gauss et de Jakob Steiner, et rencontre Karl Weierstrass, Ernst Kummer et Leopold Kronecker. Sa thèse de 1842 porte sur les équations différentielles et est préparée sous la direction de Dirksen et Ohm. Après un bref séjour à Königsberg, il occupe un poste à l’université de Bonn, puis à celle de Halle à partir de 1848.
Ses recherches couvrent l’analyse mathématique, la théorie du potentiel, les fonctions de Lamé et de Bessel, les polynômes de Legendre et les séries trigonométriques de Fourier. Sa contribution la plus marquante clarifie la différence entre continuité simple et continuité uniforme. Pour une application f d’un espace métrique X vers un espace métrique Y, notons dX et dY leurs distances. La continuité est uniforme lorsque, pour toute tolérance positive ε, il existe une marge positive δ indépendante des points x et y telle que :
ε>0, δ>0, x,yX, dX(x,y)<δdY(f(x),f(y))<ε\forall \varepsilon>0,\ \exists \delta>0,\ \forall x,y\in X,\ d_X(x,y)<\delta \Longrightarrow d_Y(f(x),f(y))<\varepsilon
Le théorème qu’il établit en 1872 affirme que toute fonction continue sur un intervalle fermé et borné y est uniformément continue. Appelé théorème de Heine-Cantor, et parfois théorème de Heine-Borel dans certaines présentations, il admet la formulation générale suivante : toute application continue d’un espace métrique compact vers un espace métrique quelconque est uniformément continue.

Un exemple, pas à pas

Considérons la fonction qui associe à tout nombre t son carré, sur l’intervalle [0 ; 1]. Les données sont la fonction f(t)=t2f(t)=t^2, l’intervalle fermé et borné [0 ; 1], et une tolérance de sortie égale à 0,10.
1. Pour deux nombres x et y de l’intervalle, la différence des carrés se factorise : f(x)f(y)=xyx+y|f(x)-f(y)|=|x-y|\,|x+y|.
2. Comme x et y restent entre 0 et 1, leur somme ne dépasse pas 2. Ainsi, f(x)f(y)2xy|f(x)-f(y)|\leq 2|x-y|.
3. Une distance d’entrée strictement inférieure à 0,05 garantit donc une distance de sortie strictement inférieure à 0,10, quel que soit l’endroit choisi dans l’intervalle.
4. Contrôle avec x = 0,50 et y = 0,54 : l’écart d’entrée vaut 0,04 et l’écart de sortie vaut 0,54² − 0,50² = 0,2916 − 0,25 = 0,0416, bien inférieur à 0,10. La même marge d’entrée fonctionne partout : c’est le caractère uniforme.

En pratique

Pour identifier le mathématicien, le prénom complet et les dates sont décisifs : Heinrich Eduard Heine (1821–1881) n’est pas Heinrich Heine (1797–1856), poète et journaliste.
Pour prouver qu’une fonction continue est uniformément continue sur un intervalle fermé et borné, le théorème de Heine-Cantor évite de chercher directement une marge valable partout. Il suffit de vérifier la continuité et la nature de l’intervalle.
Si le domaine n’est pas compact, ce raccourci ne s’applique plus. Il faut alors démontrer directement la continuité uniforme ou restreindre l’étude à un domaine compact approprié.

À ne pas confondre

Eduard Heine et Heinrich Heine. Le premier est le mathématicien allemand né en 1821 et mort en 1881. Le second, né en 1797 et mort en 1856, est le poète et journaliste contemporain mentionné dans la source. Les prénoms complets, les dates et le domaine d’activité tranchent.
Continuité simple et continuité uniforme. La continuité simple se contrôle autour de chaque point, avec une marge qui peut changer selon le point. La continuité uniforme impose une marge unique pour tout le domaine. Le critère est donc la possibilité d’effectuer un choix global.

Limites et pièges

Oublier la compacité. La continuité seule ne suffit pas sur un domaine quelconque. Par exemple, la fonction f(t)=t2f(t)=t^2 est continue sur l’ensemble des nombres réels, mais elle n’y est pas uniformément continue. Il faut vérifier que le domaine est compact ou fournir une preuve directe.
Remplacer « fermé et borné » par une seule condition. Dans l’énoncé sur un intervalle, les deux adjectifs comptent. Sur l’intervalle ouvert ]0 ; 1[, la fonction qui associe à t son inverse est continue, mais pas uniformément continue. Le bord exclu proche de 0 fait échouer toute marge globale.
Laisser la marge dépendre du point. Une preuve peut sembler fonctionner tout en ne donnant qu’une continuité simple. Le symptôme est un choix de précision qui change avec la position. Il faut produire un même choix valable pour toutes les paires de points du domaine.
Se fier au seul nom du théorème. La source signale les appellations Heine-Cantor et, dans certaines présentations, Heine-Borel. Pour lever l’ambiguïté, il faut lire l’énoncé : ici, une application continue sur un espace métrique compact est uniformément continue.

Pour aller plus loin

continuité uniforme — Approfondir le choix d’une même marge de précision sur tout un domaine.
espace métrique compact — Situer l’hypothèse qui rend possible la formulation générale du théorème.
fonction de Bessel — Découvrir une autre famille de fonctions présente dans les recherches de Heine.
série de Fourier — Prolonger le portrait par un domaine d’analyse auquel Heine a contribué.
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