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AnalyseNotion · Glossaire

Hypergéométriques (suites)

Une suite (aₙ) définie sur un intervalle I d’entiers est hypergéométrique s’il existe une fonction rationnelle R telle que aₙ₊₁ = R(n)aₙ pour tout n dont n + 1 appartient aussi à I. Lorsque aₙ n’est pas nul, cela revient à dire que aₙ₊₁/aₙ est rationnel en n.
Coefficients binomiaux centraux et multiplicateurs La suite 1, 2, 6, 20, 70 est obtenue avec les multiplicateurs 2, 3, 10 sur 3 et 7 sur 2. R(n) = 2(2n + 1)/(n + 1) ×2 ×3 ×10/3 ×7/2 1 2 6 20 70 n = 0 n = 1 n = 2 n = 3 n = 4
Les multiplicateurs varient avec le rang, mais suivent tous la même fonction rationnelle 2(2n + 1)/(n + 1).
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Reconnaître une suite hypergéométrique grâce au quotient rationnel de deux termes consécutifs.
  • Refaire le calcul complet pour les coefficients binomiaux centraux.
  • Distinguer suite, série et loi hypergéométriques.
  • Situer la série et l’équation différentielle hypergéométriques de Gauss.

En clair

Regardons la suite 1, 2, 6, 20, 70. Pour passer d’un terme au suivant, le multiplicateur change : 2, puis 3, puis 10/3, puis 7/2. Pourtant, cette variation suit une règle précise qui dépend seulement du rang.
Une suite est dite hypergéométrique lorsque ce multiplicateur s’exprime comme le quotient de deux polynômes du rang. Une suite géométrique est le cas le plus simple : son multiplicateur reste constant.

Définition

Soit une suite de termes (an) définie sur un intervalle I d’entiers. Elle est hypergéométrique s’il existe une fonction rationnelle R, c’est-à-dire un quotient de deux polynômes, définie pour tout entier n tel que n et n + 1 appartiennent à I, et telle que la relation suivante soit vérifiée à chacun de ces rangs :
an+1=R(n)ana_{n+1}=R(n)\,a_n
Lorsque an n’est pas nul, cette relation équivaut à an+1an=R(n)\frac{a_{n+1}}{a_n}=R(n). La forme par récurrence reste préférable si un terme peut s’annuler. Une suite géométrique correspond au cas où R est constante.

En additionnant les termes d’une telle suite, on obtient une série hypergéométrique. Dans la série de Gauss, le quotient de deux termes consécutifs dépend rationnellement du rang et des paramètres. Cette construction relie la notion aux fonctions hypergéométriques et, par leurs cas particuliers ou leurs formes limites, à des fonctions spéciales classiques comme les polynômes de Legendre et de Jacobi ou les fonctions de Bessel. L’équation différentielle hypergéométrique de Gauss est d’ordre deux et possède trois points singuliers réguliers.

Un exemple, pas à pas

Prenons la suite dont le terme de rang n est le coefficient binomial central an=(2nn)a_n=\binom{2n}{n}, pour tout entier n supérieur ou égal à 0. Les données de départ sont a0 = 1 et la formule du coefficient binomial.
1. Écrivons le quotient de deux termes consécutifs.
an+1an=(2n+2n+1)(2nn)\frac{a_{n+1}}{a_n}=\frac{\binom{2n+2}{n+1}}{\binom{2n}{n}}

2. Développons les factorielles et simplifions.
an+1an=(2n+2)(2n+1)(n+1)2=2(2n+1)n+1\frac{a_{n+1}}{a_n}=\frac{(2n+2)(2n+1)}{(n+1)^2}=\frac{2(2n+1)}{n+1}

3. Ce quotient est une fonction rationnelle de n : la suite est donc hypergéométrique.

4. Pour n = 0, 1, 2 et 3, les multiplicateurs valent 2, 3, 10/3 et 7/2. À partir de a0 = 1, on retrouve exactement 1, 2, 6, 20, 70.
Le contrôle est refaisable sans coefficient binomial : multiplier successivement 1 par 2, puis par 3, par 10/3 et par 7/2 donne bien les cinq termes annoncés.

En pratique

Pour reconnaître une suite hypergéométrique, on calcule le quotient de deux termes consécutifs puis on le simplifie. S’il devient un quotient de polynômes du rang, le critère est satisfait ; sinon, il faut chercher une autre famille de suites.
Pour produire les termes, la récurrence an+1 = R(n)an évite de recalculer une formule fermée. Elle est préférable au quotient lorsque des termes nuls rendent la division impossible.
Pour étudier une série, ce même quotient décrit la variation de ses termes. Lorsque le quotient n’est pas rationnel en n, les outils propres aux séries hypergéométriques ne s’appliquent pas directement.

À ne pas confondre

Suite géométrique. Son quotient an+1/an est constant. La suite 1, 2, 4, 8 est géométrique, tandis que 1, 2, 6, 20, 70 est hypergéométrique sans être géométrique, car ses multiplicateurs changent avec le rang.
Loi hypergéométrique. Cette loi de probabilité décrit un comptage lors de tirages sans remise. Le critère d’une suite hypergéométrique porte, lui, sur le quotient rationnel de termes consécutifs. Le mot commun ne rend pas les deux notions interchangeables.

Limites et pièges

Terme nul. Si an = 0, le quotient an+1/an n’existe pas. Il faut alors examiner la relation an+1 = R(n)an sur les rangs où R est définie, plutôt que diviser mécaniquement.
Pôle de la fonction rationnelle. Si le dénominateur de R(n) s’annule à un rang entier du domaine, la récurrence ne détermine plus le terme suivant à ce rang. Il faut restreindre le domaine ou traiter séparément ce paramètre.
Somme et terme général. Une série hypergéométrique est la somme de termes formant une suite hypergéométrique. La propriété du quotient concerne les termes additionnés ; elle n’affirme pas que la suite des sommes partielles possède le même quotient rationnel.
Famille de Gauss. L’équation hypergéométrique de Gauss se reconnaît à son ordre deux et à ses trois points singuliers réguliers. D’autres fonctions dites hypergéométriques peuvent provenir de spécialisations ou de limites : il ne faut pas leur attribuer automatiquement ces trois mêmes singularités.

Pour aller plus loin

La suite géométrique donne le cas où le quotient de termes consécutifs est constant, point de départ naturel avant le cas rationnel.
La fonction rationnelle précise la forme exacte que doit prendre le multiplicateur R(n) dans la définition.
La fonction de Bessel montre comment la famille hypergéométrique rejoint des fonctions spéciales classiques.
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